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Commémoration de la Libération de Poissy, un moment d’histoire et de mémoire

Discours de Karl Olive, député de la 12ème circonscription des Yvelines – 28 août 2022

Chers amis,

Je tiens avant tout à avoir un mot particulier pour Madame Olivia THÉVIGNOT, petite-fille de Maurice BERCOT, présente aujourd’hui en cette commémoration du 78ème anniversaire de la Libération de Poissy. Une cérémonie chère au cœur de votre grand-père qui nous faisait tous les ans l’honneur de sa présence.

Lui, la mémoire de la compagnie Lemelle, toujours présente dans le cœur des Pisciacais.

Lui, le Résistant au parcours si riche et si précieux pour nos générations.

Nous avons tous une pensée pour Maurice BERCOT, dont nous célébrons, au nom de l’ensemble des Résistants pisciacais, la bravoure au service de la Liberté et de la France.

 Je tiens à vous redire à quel point il nous manque.

« Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines ?

Ami, entends-tu les cris sourds du pays qu’on enchaîne ?

Ohé, partisans, ouvriers et paysans, c’est l’alarme,

Ce soir, l’ennemi connaîtra le prix du sang et les larmes »

1943. Parti à Londres en porte-parole de la Résistance, Jean Moulin revient en France comme ambassadeur du général de Gaulle.

Chargé de placer la Résistance intérieure dans la mouvance de la France libre londonienne, il obtient, en janvier 1943, des chefs des trois plus importants mouvements de résistance, Combat, Libération-Sud et Franc-Tireur, l’unification presque complète de leurs services.

Pour Jean Moulin, comme pour de Gaulle, le but est alors de redonner à la France son rôle au sein des forces alliées et de gagner la guerre : les Résistants sont une armée de l’ombre, héroïnes et héros du combat souterrain de la France, des « soutiers de la gloire » comme les appelait Pierre Brossolette, qu’il faut parvenir, coûte que coûte, à discipliner et à unifier.

C’est sous l’impulsion de Jean Moulin que se réunissent pour la première fois, le 27 mai 1943, à quelques encablures du siège du renseignement allemand à Paris, huit mouvements qui forment alors le Conseil National de la Résistance.

Un Conseil National de la Résistance qui fit entrer la France dans le camp des vainqueurs.

Grâce à une lutte sans merci, rassemblant les Forces françaises libres et la Résistance intérieure.

Grâce à une lutte faite de courage, de sacrifices, de peur, où la mort rôde sans cesse.

Grâce à une lutte menant à une première victoire en octobre 1943 : la libération de la Corse. Une étape décisive, non exempte de représailles, comme l’anéantissement du maquis des Glières par la Milice et la Wehrmacht.

Grâce à des Résistants, reconnus ou anonymes, qui ont fait l’Histoire.

Alors que disparaît Jean Moulin en juin 1943, torturé à mort « sans jamais avoir trahi un seul secret, lui qui les savait tous », le Conseil national de la Résistance lui survit.

« C’est nous qui brisons les barreaux des prisons pour nos frères

La haine à nos trousses et la faim qui nous pousse, la misère

Il y a des pays où les gens au creux des lits font des rêves

Ici, nous, vois-tu, nous on marche et nous on tue, nous on crève »

1944. Les Résistants français souhaitent pour la plupart une France nouvelle à la Libération.

Les discussions du Conseil national de la Résistance aboutissent le 15 mars 1944 à un Programme d’union nationale accepté à l’unanimité, dit « Programme d’action de la Résistance » :

  • Rétablissement du suffrage universel
  • Pleine liberté de pensée, de conscience et d’expression,
  • Liberté de la presse, d’association et de manifestation
  • Respect de la personne humaine
  • Egalité absolue de tous les citoyens devant la loi…

La Libération de la France sera synonyme de grandes réformes et de « Jours Heureux ».

« Jours heureux » comme l’intitulé du Programme du Conseil National de la Résistance.

« Jours heureux » comme la renaissance d’un pays après 5 années d’Occupation et la victoire de la Nation résistante.

« Jours heureux » comme le retour à la lumière après des heures sombres et tragiques qui marquèrent à jamais notre Histoire et nos familles.

En ce 78ème anniversaire de la Libération de Poissy, nous n’oublions pas.

Nous n’oublierons jamais.

« Ici chacun sait ce qu’il veut, ce qu’il fait quand il passe

Ami, si tu tombes, un ami sort de l’ombre à ta place

Demain du sang noir sèchera au grand soleil sur les routes

Sifflez, compagnons, dans la nuit la Liberté nous écoute »

Août 1944. Le chant des Partisans résonne.

Liberté. Libération. Poissy est sauvée.

Une période où se mêlent la joie du bonheur retrouvé, l’amertume de la perte d’êtres chers, l’horreur des rafles et des déportations, les cendres de cinq années d’une guerre qui n’est pas encore gagnée.

Tel un phénix, la France renait des décombres pour se reconstruire. En s’appuyant sur le Conseil National de la Résistance, qui se fond bientôt dans le Gouvernement provisoire de la République française, présidé par le Général de Gaulle, chargé du rétablissement de la légalité républicaine. Lui qui proclamera que « la République n’a jamais cessé d’exister » !

Gages de stabilité et de démocratie, la Vème République et nos institutions constituent aujourd’hui un héritage précieux, fruit des idées qui ont émergé à la Libération.

Il est de notre devoir de les préserver.

Pour que la France garde l’âme des Résistants qui ont lutté.

Pour que la France reste une Nation de Liberté, d’Egalité et de Fraternité.

Rappelons-nous les mots, tant d’actualité, de Jérôme THARAUD, membre de l’Académie française, quelques semaines après la Libération :

« Jamais l’union des esprits et des cœurs n’a été plus nécessaire. Nous faisons tous les jours des articles et des discours pour persuader nos Alliés que nous restons toujours une grande nation. Mais cela ne se prouve pas par des mots. On est ou on n’est pas une grande nation. Et rien ne saura mieux témoigner en notre faveur que la concorde entre nous. »

C’est ensemble, les uns avec les autres et non les uns contre les autres, que nous continuerons à faire de la France une grande nation.

Mes chers amis, rappelons-nous tous les actes de mémoire, tous les actes de courage qui doivent plus que jamais vibrer dans nos cœurs et dans nos esprits.

Vive Poissy !

Vive la République,

Vive la France !

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